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Soleils Sensibles - Marie Ouazzani & Nicolas Carrier | Galerie C | Paris


  • Galerie C 6 Rue Chapon 75003 Paris France (Karte)

Galerie C | Paris
25. Mai – 25. Juni 2022

Soleils Sensibles
Marie Ouazzani & Nicolas Carrier


«Cité Palmiers 027» 2021-2022 | © Marie Ouazzani & Nicolas Carrier


Die Kunst des Flanierens wird seit Jahrhunderten mit der Stadt Paris in Verbindung gebracht. Obwohl sich ihre Bedeutung im Laufe der Zeit verändert hat, war sie immer mit der Idee verbunden, entlang der Boulevards zu schlendern, in dem Wunsch, die Moderne, das industrialisierte und städtische Leben zu erleben. Als aufmerksamer Beobachter der Stadtlandschaft nimmt sich der Flaneur die Zeit, auch die kleinsten Details zu bemerken und sich nach ihren Sehenswürdigkeiten zu erkundigen. Interessanterweise lässt sich diese Praxis mit einer viel älteren Wissenschaft in Verbindung bringen, deren wichtigstes Werk vom Römischen Reich bis in die moderne Geschichte überdauert hat: die Historia naturalis (Naturgeschichte) von Plinius dem Älteren. In dieser Enzyklopädie hielt der Autor unzählige unglaubliche Details über seine Zeit fest, vom Leben über die Wissenschaft, die Künste, die Artefakte und darüber hinaus. Der Einfluss der intellektuellen Neugierde von Plinius dem Älteren und die Faszination der Flaneure für den städtischen Raum spiegeln sich in den Werken von Marie Ouazzani & Nicolas Carrier wider. Man kann sich das Künstlerduo leicht als Stadtforscher des Großraums Paris vorstellen, die durch die Avenuen streifen, um die Schichten, aus denen sie bestehen, zu verstehen, und dabei die Spuren des Niedergangs der modernen Architektur der 1970er Jahre und der strahlenden Städte einfangen. Wenn wir eine gründliche Erkundung der Île-de-France vornehmen würden, welche Details würden dann im Naturkundebuch unseres Jahrtausends stehen? Welche Vegetation würde die Seiten des Herbariums des Paris des 21. Jahrhunderts füllen?

In Ouazzani Carriers erster Ausstellung Soleils sensibles in der Galerie C treten drei Werke in einen Dialog: eine Reihe von Fotografien, ein Video und eine Aufgussinstallation. Die als Diptychon präsentierte Sofortbildserie Cité palmiers erscheint wie eine visuelle Kartografie von Palmen, die vor Gebäuden aufgestellt und in der Stadt Paris verstreut sind. Diese Serie hinterfragt die Gründe für den Import von Exotik, den möglichen Wunsch, uns von einer Welt fernab unseres Alltags träumen zu lassen, bestimmte Zeichen des Reichtums oder solche, die aus unserer kolonialen Vergangenheit stammen, zur Schau zu stellen. In diesen Werken haben sich Ouazzani Carrier des Mediums der Fotografie in all seiner Feinheit bemächtigt. Das Material, diese kleinen Sofortbilder, und das fotografierte Objekt, diese einsamen Palmen, die aus ihrer natürlichen Umgebung vertrieben und in die Stadt verpflanzt wurden, teilen eine gewisse Zerbrechlichkeit. Wussten Sie, dass ein Sofortbildfilm das Wetter zum Zeitpunkt der Aufnahme des Bildes festhält? Diese jahreszeitlichen Schwankungen zeigen sich in den Fotografien des Duos, in denen der Himmel mit einem rosigen Farbton wiedergegeben wird, wenn sie im Sommer aufgenommen wurden, oder mit einem bläulichen Farbton im Winter. Auch Momentaufnahmen verschwinden irgendwann, fallen der vergehenden Zeit und den chemischen Prozessen zum Opfer, die sie nicht unbegrenzt konservieren können. Diese Zerbrechlichkeit der Materie, des menschlichen und pflanzlichen Körpers findet ein starkes Echo in der zweiten Arbeit der Ausstellung. In dem Video Maisons Avocados (11:41 min) lässt ein Mann in einer dunklen Wohnung Avocadobäume wachsen. In einer scheinbar zukünftigen Zeit angesiedelt, zeigt der Film den Protagonisten, wie er sich um die Sprossen kümmert und sie in einer Umgebung voller Autos in der Hitze einer sengenden Sonne einpflanzt. Das botanische Vokabular und die Poesie der Worte - die im Mittelpunkt vieler Werke des Duos stehen - offenbaren langsam die Bedeutung dieser Begegnung. Während sein Körper sich um die Pflanze kümmert, hilft die Pflanze ihm zu überleben.

Um zwei unterschiedlich intensive Aufgüsse einer gelb blühenden Pflanze namens Ringelblume versammelt, serviert in zwei Edelstahlthermoskannen, die direkt aus einer Bürobesprechung zu kommen scheinen und auf Konstruktionen aus Quadern und Steinplatten installiert sind, begegnen sich die Zuschauer und tauschen sich aus. Dieses dritte partizipative Werk Grands soucis schöpft erneut aus dem Vokabular der Formen und Gegenstände unseres Alltags und könnte ein Augenzwinkern an die Welt der Überproduktivität sein. Es ist an der Zeit, eine Pause einzulegen und die Realität der uns umgebenden Umwelt kritisch zu betrachten. Ouazzani Carriers Werke sind moderne Reportagen, die unsere Beziehung zur Natur, zur Landschaft und zum Stadtleben sowie zum zeitgenössischen ökologischen Denken hinterfragen.


L'art de la flânerie est associé à la ville de Paris depuis des siècles. Bien que sa signification ait varié au fil du temps, il a toujours été lié à l'idée de déambuler le long des boulevards dans un désir de vivre la modernité, la vie industrialisée et urbaine. Observateur attentif du paysage urbain, le flâneur prend le temps de remarquer ses moindres détails et de s'interroger sur ses curiosités. Il est intéressant de noter que cette pratique peut être liée à une science beaucoup plus ancienne, dont l'œuvre la plus importante a survécu de l'Empire romain à l'histoire moderne : l'Historia naturalis (Histoire naturelle) de Pline l'Ancien. Dans cette encyclopédie, l'auteur a consigné un nombre infini de détails incroyables sur son époque, de la vie à la science, en passant par les arts, les artefacts et au-delà. L’influence de la curiosité intellectuelle de Pline l'Ancien et de la fascination des flâneurs pour l'espace urbain se retrouvent dans les œuvres de Marie Ouazzani & Nicolas Carrier. On imagine aisément le duo artistique en explorateurs urbains du Grand Paris, arpentant les avenues cherchant à comprendre les strates qui les composent, tout en captant les traces du déclin de l'architecture moderne des années 1970 et des cités radieuses. Si nous devions entreprendre une exploration approfondie de l'Île-de-France, quels détails figureraient dans le livre d'histoire naturelle de notre millénaire ? Quelle végétation remplirait les pages de l'herbier du Paris du XXIe siècle ?

Dans la première exposition Soleils sensibles de Ouazzani Carrier à la Galerie C, trois œuvres entrent en dialogue : une série de photographies, une vidéo et une installation d’infusion. Présentée en diptyque, la série de films instantanés Cité palmiers apparaît comme une cartographie visuelle de palmiers placés devant des immeubles et disséminés dans la ville de Paris. Cette série interroge les raisons de l'importation de l'exotisme, celle d'une possible volonté de nous faire rêver d'un monde éloigné de notre quotidien, d'afficher certains signes de richesse ou ceux hérités de notre passé colonial. Dans ces œuvres, Ouazzani Carrier se sont emparés du médium de la photographie dans toute sa finesse. Le matériau, ces petites images instantanées, et l'objet photographié, ces palmiers solitaires déplacés de leur environnement naturel et transplantés dans la ville, partagent une certaine fragilité. Saviez-vous qu’un film instantané capte le temps qu'il fait au moment où l'image est prise ? Ces variations saisonnières apparaissent dans les photographies du duo, où les ciels sont rendus avec une teinte rosée lorsqu'elles ont été prises en été ou une teinte bleutée en hiver. Les images instantanées finissent aussi par disparaître, victimes du temps qui passe et des procédés chimiques qui ne peuvent les conserver indéfiniment. Cette fragilité de la matière, du corps humain et végétal trouve un fort écho dans la seconde œuvre de l'exposition. Dans la vidéo Maisons avocats (11:41 min), un homme fait pousser des avocatiers dans un appartement sombre. Situé dans un temps apparemment futur, le film montre le protagoniste prenant soin de ses pousses et les plantant dans un environnement rempli de voitures sous la chaleur d'un soleil étouffant. Le vocabulaire botanique et la poésie des mots - au cœur de nombreuses œuvres du duo - révèlent lentement l'importance de cette rencontre. Alors que son corps s'occupe de la plante, la plante l’aide à survivre.

Réunis autour de deux infusions d’intensité différentes d'une plante à fleurs jaunes appelée Souci, servis dans deux thermos en inox qui semblent tout droit sortis d'une réunion de bureau installés sur des constructions en parpaings et en dalles de pierre, les spectateurs se rencontrent et échangent. Cette troisième œuvre participative Grands soucis puise une nouvelle fois dans le vocabulaire de la forme et des objets de notre quotidien et pourrait être un clin d’œil au monde de la surproductivité. Le temps est venu de faire une pause et d’observer de manière critique la réalité de l’environnement qui nous entoure. Les œuvres de Ouazzani Carrier sont autant de reportages modernes qui questionnent notre rapport à la nature, au paysage et à la vie urbaine ainsi qu’à la pensée écologique contemporaine.


L'arte della flânerie è stata associata alla città di Parigi per secoli. Sebbene il suo significato sia variato nel tempo, è sempre stato legato all'idea di passeggiare lungo i boulevard nel desiderio di sperimentare la vita urbana moderna e industrializzata. Come un attento osservatore del paesaggio urbano, il flâneur si prende il tempo per notarne i più piccoli dettagli e per interrogarsi sulle sue curiosità. È interessante notare che questa pratica può essere collegata a una scienza molto più antica, la cui opera più importante è sopravvissuta dall'Impero romano alla storia moderna: la Historia naturalis (Storia naturale) di Plinio il Vecchio. In questa enciclopedia, l'autore ha registrato un'infinità di incredibili dettagli sul suo tempo, dalla vita alla scienza, alle arti, ai manufatti e oltre. L'influenza della curiosità intellettuale di Plinio il Vecchio e il fascino dei flâneurs per lo spazio urbano si riflettono nelle opere di Marie Ouazzani e Nicolas Carrier. È facile immaginare il duo artistico come un esploratore urbano della Grande Parigi, che percorre i viali alla ricerca di comprendere gli strati che li compongono, cogliendo le tracce del declino dell'architettura moderna degli anni Settanta e delle Città radiose. Se dovessimo intraprendere un'esplorazione approfondita dell'Île-de-France, quali dettagli sarebbero inclusi nel libro di storia naturale del nostro millennio? Quale vegetazione riempirebbe le pagine dell'erbario della Parigi del XXI secolo?

Nella prima mostra di Ouazzani Carrier, Soleils sensibles alla Galerie C, tre opere entrano in dialogo: una serie di fotografie, un video e un'installazione di infusione. Presentata come un dittico, la serie di film istantanei Cité palmiers appare come una cartografia visiva di palme collocate davanti agli edifici e sparse per la città di Parigi. Questa serie si interroga sulle ragioni dell'importazione dell'esotismo, sul possibile desiderio di farci sognare un mondo lontano dalla nostra vita quotidiana, di mostrare certi segni di ricchezza o quelli ereditati dal nostro passato coloniale. In queste opere, Ouazzani Carrier ha colto il mezzo fotografico in tutta la sua finezza. Il materiale, queste piccole istantanee, e l'oggetto fotografato, queste palme solitarie spostate dal loro ambiente naturale e trapiantate in città, condividono una certa fragilità. Sapevate che la pellicola istantanea cattura le condizioni atmosferiche nel momento in cui viene scattata l'immagine? Queste variazioni stagionali appaiono nelle fotografie del duo, dove i cieli sono resi con una tonalità rosata se scattati in estate o bluastra in inverno. Anche le immagini istantanee finiscono per scomparire, vittime del passare del tempo e dei processi chimici che non possono conservarle all'infinito. Questa fragilità della materia, del corpo umano e vegetale, trova una forte eco nella seconda opera della mostra. Nel video Avocado Houses (11:41 min), un uomo coltiva alberi di avocado in un appartamento buio. Ambientato in un tempo apparentemente futuro, il film mostra il protagonista che cura i suoi germogli e li pianta in un ambiente pieno di automobili sotto il calore di un sole soffocante. Il vocabolario botanico e la poesia delle parole, centrali in molte opere del duo, rivelano lentamente l'importanza di questo incontro. Mentre il suo corpo si occupa della pianta, la pianta la aiuta a sopravvivere.

Riunito intorno a due infusi di diversa intensità di una pianta a fiore giallo chiamata Calendula, serviti in due thermos di acciaio inossidabile che sembrano appena usciti da una riunione d'ufficio, installati su costruzioni di blocchi di cemento e lastre di pietra, il pubblico si incontra e si scambia. Questa terza opera partecipativa Grands soucis attinge ancora una volta al vocabolario delle forme e degli oggetti quotidiani e potrebbe essere un cenno al mondo dell'iperproduttività. È tempo di fermarsi e di osservare criticamente la realtà dell'ambiente che ci circonda. Le opere di Ouazzani Carrier sono reportage moderni che mettono in discussione il nostro rapporto con la natura, il paesaggio e la vita urbana, nonché il pensiero ecologico contemporaneo.


The art of flânerie has been associated to the city of Paris for centuries. Although its meaning has varied over time, it has always been connected to the idea of strolling the boulevards in a desire to experience modernity, industrialized and urban life. As a keen observer of the cityscape, the flaneur takes the time to notice its smallest details and to wonder about its curiosities. Interestingly, this practice can be linked to a much older science, one whose most important works has survived from the Roman Empire to modern history: the Historia naturalis (Natural History) by Pliny the Elder. In this encyclopedia, the author has recorded an endless number of incredible details about his time, from life to science, arts, artifacts and beyond. The influence of the intellectual curiosity of Pliny the Elder and the fascination of the flâneurs for the urban space can both be found in the work of Marie Ouazzani & Nicolas Carrier. One can easily picture the artistic duo as urban explorers of the Grand Paris, strolling the avenues seeking to understand the layers that make it up, while capturing the traces of the decline of the 1970s modern architecture and radiant cities. If we were to undertake an intensive exploration of the Île-de-France, what details would be included in our millennium’s natural history book? What vegetation would fill the pages of the herbarium of 21st century Paris?

In Ouazzani Carrier’s first exhibition Soleils sensibles at Galerie C, three bodies of work enter into dialogue: a series of photographs, a video, and an installation of infusion. Presented in diptychs, the series of instant films Cité palmiers appears as a visual cartography of palm trees placed in front of buildings and scattered throughout the city of Paris. The work questions the reasons for the importation of exoticism, that of a desire to make us dream of a world far from our daily lives, to display certain signs of wealth or those inherited from our colonial past. In this series, Ouazzani Carrier have grasped the medium of photography in all its finesse. The material, these small instant films images and the object photographed, these solitary palm trees displaced from their natural environment and transplanted into the city, share a certain fragility. Were you aware that an instant film captures the weather at the time the image is taken? These seasonal variations appear in the duo's photography, where skies are rendered with a pinkish tinge when taken in summer and bluish hue in winter. Moreover, the images captured by an instant camera will eventually disappear – a casualty of the passage of time and the chemical processes that cannot preserve them indefinitely. The fragility of matter, of the human and vegetal body find a strong echo in the second piece of the exhibition. In the video Maisons avocats (11:41 min), a man grows avocado trees in a darkened house. Set in a seemingly future time, the film shows the protagonist taking care of his sprouts and planting them in an environment full of passing cars while being under the heat of the stifling sun. The botanical vocabulary and the poetry of words – at the heart of many of the duo’s works – slowly reveal the importance of this encounter. While his body is taking care of the plant, the plant helps him to survive.

Gathering around two infusions of different intensities of a yellow blooming plant called Calendula – or Souci in French, which means worry – served in two stainless steel thermos that seems to come straight out of an office meeting that are installed on constructions of breeze blocks and stone slabs, the audience mingles and exchanges. This latest participatory work Grands soucisdraws once again on the vocabulary of the form and objects of our daily lives and could be a wink to the world of overproductivity. Now is the time to take a break and critically observe the reality of the environment that surrounds us. Ouazzani Carrier’s works are modern-day reportages that question our relationship to nature, landscape and urban life as well as current ecological thinking.

(Text: Liberty Adrien)